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 Figeac Visite virtuelle...
Un patrimoine d'exception et une politique active de valorisation ont permis à Figeac d’entrer dans le réseau national des "Villes et Pays d'art et d'histoire". Modestes demeures, palais urbains du XIVe siècle, hôtels particuliers de l’âge classique content en effet l’histoire ininterrompue de l’architecture civile depuis le XIIe siècle. La ville, peu touchée par les grands travaux du XIXe siècle, possède encore sa trame urbaine du Moyen Age : des ruelles étroites et sinueuses, des places intimes.

Figeac a vu naître le célèbre égyptologue Jean-François Champollion auquel un musée est consacré et dont les collections s’ouvriront bientôt à l’histoire des écritures du monde. A l’occasion du bicentenaire de la naissance du savant, une commande publique a été confiée à l’artiste américain Joseph Kosuth. Au cœur de la ville ancienne, il a réalisé un espace public où se déroule notamment le texte écrit en deux langues et trois écritures de la célèbre pierre de Rosette, l’un des documents qui permit à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes.


Vue d'ensemble de
l'Hôtel du Viguier du Roy
 La ville au Moyen Age
Hôtel du Viguier du Roy - rue Emile Zola

Née au IXe siècle par la volonté du roi d'Aquitaine Pépin 1er, l'abbaye de Figeac, soeur rivale de l'abbaye de Conques, est à l'origine d’une des villes les plus florissantes du Midi médiéval. Cité marchande, étape majeure des routes de pèlerinages, Figeac agrandit une dernière fois ses murailles au XIVe siècle.
C'est à cette époque (1302) que, profitant de la rivalité opposant le pouvoir seigneurial de l'abbé au pouvoir consulaire des marchands, le roi de France étend son autorité sur la ville. Un viguier représente désormais le pouvoir royal à Figeac.


Place Champollion
Maison du XIVe s.

A l'ombre des quatre églises paroissiales et de l'abbatiale Saint-Sauveur, la ville se développe et s'embellit : les grands marchands édifient de luxueuses demeures. Ces belles façades sculptées, tout comme celles des modestes échoppes, s'ouvrent sur les rues par de nombreuses arcades marchandes. La guerre de Cent ans, dont le Quercy était au coeur des enjeux, ralentit le développement de la ville et les activités internationales de ses "marchands bourgeois"
 Architecture et Sculpture médiévales
Les maisons médiévales de Figeac constituent un patrimoine exceptionnel qui permet de suivre l'évolution de l'architecture civile du XIIe au XIVe siècle
Maisons
place Gaillardy



Aux XIIe et XIIIe siècles, construites en pierres de grès - et en pans de bois - les maisons figeacoises présentent une élévation bien spécifique. Le rez-de-chaussée est occupé par les ouvroirs - locaux affectés à l'artisanat et au stockage des marchandises - et ouvre sur la rue par des arcades devant lesquelles s'organise l'étalage. Un escalier raide et étroit permet l'accès à la salle d'habitation du premier étage qu'éclairent des baies à double ou triple ouvertures.
Surmontant le deuxième étage et couronnant la façade, le grenier ouvert  - le traditionnel solelho - est consacré au séchage des fruits et légumes et des pièces de draps. Le décor sculpté des façades est cependant le trait le plus remarquable du centre ancien. Il se caractérise à l'époque romane (XIIe - début XIIIe siècles) par des personnages barbus, des animaux mythiques et des feuillages stylisés.
Vers 1250, ces motifs cèdent la place à un décor emprunté au gothique français. Les fenêtres s'agrandissent alors jusqu’à présenter des remplages aux formes particulièrement élégantes au XIVe siècle. Ce siècle est aussi celui des luxueux palais de pierre dont les bâtiments s’organisent autour d’une cour, manifestation du pouvoir de l'oligarchie bourgeoise et de la noblesse.
Sculptures Hôtel du Viguier du Roy
rue Emile Zola

 Les marchands
Du XIIe au XIVe siècle, des Figeacois font partie de la classe des grands marchands qui sillonnent l'Occident.

A cette époque, Figeac se situe sur les principales voies de circulation entre le nord de l’Europe et la Méditerranée. Les bourgeois de Figeac sont présents aux fameuses foires de Champagne, en Flandres et en Italie. Ils occupent des postes-clés dans plusieurs ports de la Méditerranée et de l’Atlantique tout en gardant des relations privilégiées avec leur ville d'origine.

Sans doute remarqué par son dynamisme et sa ténacité dans les affaires, l'un d'entre eux, Guillaume de Bonnes mains, sera chargé par le roi Charles IV le Bel d'une mission diplomatique à Alexandrie.
Hôtel Cisteron - Place carnot

 La Renaissance et la période Moderne
Hôtel du Crussol A l'époque de la Renaissance, tourelles et galeries sur cour caractérisent une nouvelle génération d'hôtels nobles : celui de Galiot de Genouillac, grand maître de l'artillerie de François 1er, ceux du ministre Sully, de la famille de Crussol, etc. Entre 1576 et 1622, Figeac est occupée par les Protestants et devient l'une de leurs places de sûreté. Après la mort d’Henry IV, commence la reconquête catholique, marquée ici par des travaux d’envergure et la réalisation de décors dans les églises Saint-Sauveur et Notre-Dame du Puy. Les édiles entreprennent également de grands travaux d’urbanisme pour aérer la ville et l’étendre au-delà de son carcan médiéval : les remparts sont détruits et les quais promenade aménagés.

Le long du canal, moulins et tanneries s'activent encore, tandis que les maisons de la ville n'ont de cesse de se mettre au goût du jour : larges fenêtres vitrées laissant entrer davantage la lumière, portes ouvragées s'ouvrant sur d’amples cages d'escalier. En façade, le décor se concentre alors sur les ferronneries.

La ville d’aujourd’hui
Au début du XXe siècle, la Ville de Figeac et l’Etat restaurent l'Hôtel dit de la Monnaie, maison bourgeoise du XIIIe siècle classée au titre des monuments historiques, qui devient l'une des maisons médiévales emblématiques de la ville. Maisons individuelles et cités jardins liées à la présence de l’usine aéronautique Ratier se développent à partir de la fin des années 1920 à l’ouest de la vieille ville. Quelques années plus tard, dans le contexte des Trente glorieuses, le centre se vide peu à peu au bénéfice du pavillonnaire périphérique. A partir de la fin des années 1970, consciente de l’intérêt et de la fragilité de son patrimoine, Figeac réhabilite le centre ancien. Secteur sauvegardé depuis 1986, la ville s’appuie sur son prestigieux passé pour mieux encourager une dynamique du centre historique, riche d’activités.


Passerelle de Marc Mimram

Elle s’est engagée dans une politique de valorisation du patrimoine et est entrée dans le réseau national des Villes et Pays d’art et d’histoire par convention avec le ministère de la Culture. La ville est également ouverte à la création d’aujourd’hui. Joseph Kosuth y a créé Ex-libris Jean-François Champollion, communément appelé la place des Ecritures. Cette commande publique fut réalisée à l’occasion du bi-centenaire de la naissance de l’Egyptologue. L’œuvre déroule sur la place une reproduction agrandie de la pierre de Rosette et porte à s’interroger sur le travail du chercheur, la difficulté du déchiffrement et le sens de l’écriture. Des jardins en terrasse composés de plantes méditerranéennes prolongent l’œuvre. Autre création, la passerelle piétonne sur le Célé, réalisée par l’architecte-ingénieur Marc Mimram. Celui-ci s’est inspiré du pont médiéval conservé en amont pour dessiner une passerelle résolument contemporaine par sa forme et ses matériaux. Respectueuse du lieu, elle se dérobe au regard lorsque le passant cherche à la saisir depuis les autres ponts de la ville.


Hotel de la Monnaie
Place Vival



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